Roberto Fonseca, l’interview

RFIl y a plus d’un an, je vous présentais Roberto Fonseca à l’occasion d’un live au Duc des Lombards. Alors que le pianiste cubain se produit ce soir aux Bouffes du Nord en solo, puis durant trois soirées au Duc à nouveau, un retour sur son interview et son showcase dans les studios de RTL cet été, s’imposait… Ambiance caliente.

RFRoberto, tu as commencé la musique par l’apprentissage des percussions avant le piano, puis en tant que pianiste, tu as enregistré 7 albums et réalisé de nombreuses collaborations … J’aimerais donc revenir sur ton parcours. Comment expliques-tu cette précocité et cette soif de musique ?

Jai commencé à pratiquer la percussion à 4 ans, puis j’ai débuté le piano dans une école de musique classique….J’ai toujours vécu dans une ambiance très  musicale et on m’a toujours appris à écouter tous les styles de musiques… Il est donc arrivé un moment, où naturellement j’ai voulu regrouper tous ces styles de musiques ensemble. Il y avait un gala pour les jeunes de l’école de musique. Tous les vendredis, tous les étudiants devaient présenter le travail de groupe et de compositions… C’est ainsi que j’ai commencé à montrer mon travail, puis que j’ai commencé à jouer lors de festival de jazz. Et c’est à partir de là que j’ai réellement commencé à approfondir la composition.

RFParlons de ton dernier album « Yo ». Dans quel contexte et dans quel état d’esprit a t-il été écrit?

Cet album représente un moment très important de ma vie. Il s’agissait soit de continuer à faire ce que j’avais fait jusqu’à présent, soit de changer complètement. Pour les musiciens, c’est toujours un moment très compliqué. On peut être rapidement catalogué. C’est délicat et on prend des risques. Je commençais à me sentir à l’aise dans mon répertoire, j’avais besoin d’autres choses…

Et pourquoi avoir choisi, particulièrement dans cet album, de mettre autant l’Afrique, l’afrobeat, le groove à l’honneur ?

C’était une façon pour moi de mettre un peu plus en avant mes racines, de faire comprendre aux gens d’ou je viens. Une sorte de balance entre la tradition et la modernité, les sons acoustiques et électroniques. Tout ce avec quoi j’ai grandi, en définitive.

RFComment s’est fait le choix d’enregistrer cet album à Paris ?

Il était plus facile d’appeler les musiciens et de se donner rendez-vous à Paris. Je travaille très spontanément. Il y a beaucoup de sons dans l’album dont on ignorait le résultat final. On n’imaginait pas que ça sonnerait comme cela. Si j’avais besoin d’une sonorité spécifique à un moment précis, c’était donc plus facile pour moi d’avoir les connexions ici et de faire venir les artistes, ici à Paris, qu’à Cuba.

Tu dis que la composition t’a permis de dire avec des notes ce que tu n’arrivais pas à dire avec des mots. Ton album s’intitule « YO ». Il représente une mise à nu ? Une sorte de confession ?

Cet album est vraiment pour moi une sorte de renaissance, tant dans la manière de composer que de penser. C’était difficile pour nous de mettre un nom sur cette musique, par rapport à tout ce que j’ai dans la tête au niveau musical. D’où le nom de « Yo ». Beaucoup on pensé que c’était narcissique, égocentrique alors qu’il s’agit au contraire de se livrer… de même que la couverture du disque est différente des précédentes.

Et est-ce que tu considères le fait d’arriver à dire ces choses avec des notes comme une thérapie ?

Oui, pour moi c’est sans doute une forme de thérapie, mais je ne veux pas le classifier comme tel car ça doit rester avant tout, de la musique, tout simplement !

J’aimerais que l’on revienne sur ton expérience au sein du Buena Vista Social Club et que tu me parles de ta relation avec Ibrahim Ferrer.

C’est l’époque la plus jolie de ma vie. Dans un premier temps, j’ai beaucoup étudié la musique cubaine au sein du Buena Vista Social Club. Je me nourrissais de cette musique, mais je n’ai jamais eu la sensation que c’était un travail, une obligation. C’était une véritable école de musique traditionnelle cubaine.

Dans un deuxième temps, je me suis forgé une sonorité au sein du Buena Vista Social Club.

Le troisième temps a représenté beaucoup de pression pour moi, car Ibrahim m’a confié le rôle d’arrangeur et de directeur musical,  notamment pour son disque de boléros. C’était un véritable rêve et honneur pour moi. Beaucoup de gens n’avaient pas confiance, mais Ibrahim, lui, a toujours cru en moi. Il avait confiance dans les propositions que je lui soumettais. Ibrahim était une personne mondialement connu, mais parfois il me consultait, il me demandait mon avis. Nous avions une relation où j’étais le plus petit mais parfois c’était lui, le petit ! …Il m’a vraiment soutenu et a toujours voulu que j’arrive là où j’en suis, aujourd’hui.

web_AMT2013070631Cet été, tu as rejoué à « Jazz in Marciac », festival auquel tu sembles très lié. Tu y avais notamment joué avec Bebo et Chucho Valdès, composé le thème « Latin in Marciac » devenu l’hymne du festival, puis sorti un double album / DVD Live At Marciac (Enia) en 2010. En août, tu y as donc présenté en avant-première et en exclusivité mondiale, ton nouveau projet “Tradicional”. C’est une véritable histoire d’amour qui se passe entre ce festival et toi ?!

J’ai pu y voir de grands concerts là-bas. C’est une histoire d’amour qui vient d’Ibrahim, à l’origine. Le dernier concert qu’il a fait, était à Marciac. Il y a joué et 2 ou 3 jours après, il est décédé… c’est à partir de ce moment là, qu’on a fait appel à moi, qu’on m’y a invité. Comme une sorte de filiation… C’est une jolie relation.

RFPour finir, quels sont très projets à venir ? Tu as des envies particulières de collaborations artistiques ?

Oui mais ce sont des surprises !

(…)

(…)

 Bon, je vais en dire un peu…

Il y a une collaboration qui me semble très intéressante avec un DJ français… Et il y a un autre projet avec une chanteuse du Mali.

(Nous n’en saurons pas plus… A suivre !).

RF

 http://www.robertofonseca.com/fr/

http://liveweb.arte.tv/fr/video/Roberto_Fonseca/

 Copyright photos : Alix Marnat

Traduction : Cheryl Ruschke

Remerciements à Céline Breugnon et Miles Yzquierdo

 

 

4 thoughts on “Roberto Fonseca, l’interview

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